Terminus

La capitale de la République a une seule place. C’est de là que partent tous les bus et les taxis de la ville de Djibouti, c’est également là le terminus de tous ces véhicules.

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Elle porte le nom d’un grand homme du pays, un indépendantiste mort trop jeune, Mahamoud Harbi Farah. Mais tout le monde l’appelle encore comme le colon, celui-ci la surnommait Rimbaud. Pourquoi ? sûrement pour y laisser sa marque. D’ailleurs ce n’est pas le seul endroit qui garde encore un nom inconnu du grand public.
Cette place compte trois lignes pour le centre-ville et au moins quatre pour la banlieue. Une seule ligne qui fonctionne dans les deux sens dessert les quartiers du centre-ville. La deuxième prend la direction des quartiers chics du nord de la ville et enfin la dernière va au Port. La ville s’est considérablement agrandie ces dernières années du côté de Balbala (la grande banlieue). Les quatre lignes de la banlieue sont insuffisantes pour desservir cette zone. Aux heures de pointe, il arrive que les usagers soient entassés sur le bord de la rue. Dès qu’un bus s’approche c’est la bousculade. Les plus jeunes et les plus rapides auront une place les autres devront attendre encore longtemps.

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Normalement, l’itinéraire du bus doit être tracé par le Ministère du Transport. Ce fut le cas au départ, je me rappelle que le tracé ainsi que le tarif étaient affichés à l’avant de chaque bus. Ces dernières années, la loi la plus respectée est celle de l’offre et de la demande. Mais la question est jusqu’à quand tiendra-t-elle ?

Contraste

A Djibouti, ce mot est très significatif dans la mesure où son sens est omniprésent dans le comportement et la façon de vivre de la population. Mais enfin que nous dit le dictionnaire sur ce mot ? Définition : Opposition entre deux choses dont l’un fait mieux ressortir l’autre.

Alors comment me direz-vous ? C’est tout simple, aujourd’hui prenons le cas de l’habitat.
Les Djiboutiens ont tendance à vivre soit dans un quartier soit dans une cité. Commençons notre analyse par La population, ensuite le bruit, les petits commerces et enfin le voisinage.

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La population
Elle est plus nombreuses dans les quartiers ce qui se traduit par un nombre excessif d’habitants par maison. Dans les cités, il arrive que l’on trouve une maison de cinq pièces occupée par deux personnes, alors que dans les quartiers c’est l’inverse c’est deux pièces occupées par cinq personnes chacune. Et là, je reste dans l’approximatif.

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Le bruit
Dans les cités, on a l’impression d’être à cinq heures du matin en plein milieu de la journée. Dans les quartiers, il est midi à tout heure de la journée. Si vous n’êtes pas réveillé par le bruit incessant des véhicules (de tous genres en passant du poids lourds aux semi-remorques) qui passent sous la fenêtre de votre chambre alors les discussions animées des voisines s’en chargeront et si cela ne suffit pas une bagarre peut éclater sans crier gare. Ce qui fait que votre espace vitale, d’ailleurs c’est une notion quasiment inconnue, est constamment enfreint.

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Les commerces de rue
Par cette expression je désigne le secteur informel, les vendeurs ambulants par exemple. On en trouve rarement dans les cités, s’ils veulent un tailleur déplacement en ville. Ces dernières années, ils (les habitants des cités je veux dire) ont même évolué et on peut trouver facilement une épicerie au coin de la rue mais pour le reste faudra attendre. Dans les quartiers c’est l’embarras du choix, et la cerise sur le gâteau c’est que les magasins s’ouvrent au gré de la demande et sous ta fenêtre. On commence très tôt le matin par le boulanger et la crêpière (là il ne s’agit pas d’une poêle mais d’une dame qui vend des crêpes), vers dix heures ils sont remplacés par le tailleur et le cordonnier, à midi c’est le tour du restaurant ambulant, à quatre heures le tailleur et le cordonnier reprennent du service mais ils sont accompagnés par les vendeuses du goûter à partir de dix huit heures on cède la place au restaurant du soir et la formule magique c’est qu’il y a un restaurant par menu.

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Le voisinage
Le nombre d’habitants est certes très élevé dans les quartiers populaires, mais le paradoxe réside dans le fait que tout le monde se connaît. Si vous recherchez quelqu’un pas besoin d’adresse, demandez à un passant seulement si lui ne connaît pas cette personne alors il vous redirigera vers un service de renseignement ambulant. Et ce service est tellement performant qu’il peut vous fournir des renseignements dont vous vous seriez bien passé. Quand on ne connaît pas quelqu’un dans un quartier on lui invente un CV. Pour ce qui est des cités à moins d’avoir l’adresse exacte il vous faudra du temps pour retrouver la personne recherchée.